Déclarer ses revenus LMNP : le guide pas à pas

SIRET, choix du régime, cases de la 2042-C-PRO, liasse 2031 au réel : la marche à suivre complète pour déclarer des revenus de location meublée non professionnelle.

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Déclarer des revenus de location meublée non professionnelle (LMNP) tient en trois temps : obtenir un numéro SIRET auprès du guichet des formalités des entreprises, identifier le régime d'imposition applicable, puis reporter les montants sur la déclaration complémentaire n° 2042-C-PRO, annexe de la déclaration de revenus n° 2042. Au micro-BIC, une seule ligne de recettes suffit et l'abattement forfaitaire est appliqué automatiquement. Au régime réel, une liasse n° 2031 est déposée au service des impôts des entreprises (SIE) avant que le résultat ne soit reporté sur la 2042-C-PRO. Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) sont la catégorie de revenus dont relève la location meublée, à la différence de la location nue imposée en revenus fonciers.

Étape 1 : obtenir un numéro SIRET

La première formalité n'est pas fiscale mais déclarative : au démarrage d'une activité de loueur en meublé, vous devez déclarer la création de l'activité pour être inscrit au répertoire Sirène de l'Insee. La démarche s'effectue en ligne sur le guichet des formalités des entreprises, elle est gratuite et doit être accomplie dans les quinze jours qui suivent le premier jour de location.

Elle remplit trois fonctions : l'obtention du numéro SIRET, à reporter ensuite sur votre déclaration de revenus, la déclaration d'existence de l'activité, et l'indication du régime d'imposition retenu. Sans SIRET, la 2042-C-PRO ne peut pas être renseignée correctement, et le service des impôts des entreprises n'a pas de dossier à votre nom.

Étape 2 : identifier votre régime d'imposition

Le régime dépend du montant des recettes encaissées et de la nature du meublé. En dessous du plafond applicable, le micro-BIC s'applique par défaut ; au-dessus, le régime réel devient obligatoire. Les seuils publiés par l'administration pour les recettes perçues en 2026 sont les suivants.

Type de location meubléePlafond micro-BIC (recettes 2026)Abattement forfaitaire
Longue durée (résidence principale du locataire)83 600 €50 %
Meublé de tourisme classé et chambre d'hôtes83 600 €50 %
Meublé de tourisme non classé15 000 €30 %

L'abattement comporte un minimum de 305 €. Pour les recettes perçues en 2025, déclarées au printemps 2026, le plafond de la longue durée et des meublés classés était de 77 700 €, celui des meublés de tourisme non classés de 15 000 €. Ces montants sont ceux publiés par service-public.gouv.fr à sa mise à jour du 15 avril 2026 : vérifiez-les avant chaque campagne déclarative.

Ne pas confondre deux seuils distincts

Le plafond du micro-BIC détermine le régime déclaratif. Le seuil de 23 000 € de recettes annuelles détermine, lui, le caractère professionnel ou non de l'activité, et il ne joue qu'associé à une seconde condition tenant aux autres revenus du foyer fiscal. Un bailleur peut être au régime réel tout en restant non professionnel. Notre analyse du seuil des 23 000 € en location meublée détaille ce mécanisme.

L'option pour le régime réel s'exerce avant la date limite de dépôt de la déclaration de revenus de l'année concernée. Elle est ensuite reconduite tacitement chaque année, sauf renonciation de votre part.

Étape 3 : remplir la 2042-C-PRO au micro-BIC

Au micro-BIC, vous portez le montant brut encaissé, sans déduire aucune charge. Les recettes à déclarer comprennent les loyers, les charges facturées au locataire et les provisions pour charges. L'abattement forfaitaire est appliqué ensuite par l'administration, sans intervention de votre part. Les lignes de la déclaration diffèrent selon la nature du meublé.

Nature de la locationLignes de la 2042-C-PROAbattement appliqué
Chambres d'hôtes et meublés de tourisme classés5NG, 5OG ou 5PG50 %
Meublés de tourisme non classés5NH, 5OH ou 5PH30 %
Autres locations meublées, dont la longue durée5NI, 5OI ou 5PI50 %

Le choix entre la première, la deuxième ou la troisième ligne d'un même bloc correspond au membre du foyer fiscal qui perçoit les recettes. Ces lignes sont celles publiées par la notice location meublée d'impots.gouv.fr ; leur libellé doit être recoupé avec la déclaration de l'année en cours, la numérotation des cases évoluant d'une campagne à l'autre.

Étape 4 : déclarer au régime réel

Le régime réel ajoute une déclaration professionnelle à la déclaration de revenus. Vous déposez au titre de chaque exercice une liasse n° 2031 auprès du SIE compétent : celui du lieu de situation du meublé si vous n'avez qu'un seul bien loué, sinon celui dont dépend votre résidence principale ou votre logement meublé le plus important. Le résultat calculé sur cette liasse est ensuite reporté sur la 2042-C-PRO.

Montant à reporterLignes de la 2042-C-PRO
Bénéfice LMNP5NA, 5OA ou 5PA
Bénéfice déjà soumis à contributions sociales par un organisme social5NM à 5PM
Déficit de l'année5NY à 5PY
Déficits antérieurs non encore imputés5GA à 5GJ

Le sort des déficits est la particularité la plus mal comprise du statut. Un déficit de location meublée non professionnelle ne s'impute ni sur le revenu global, ni sur les bénéfices d'une location meublée professionnelle : il se reporte uniquement sur les revenus de même nature des dix années suivantes. Le calcul de la base amortissable et la tenue de la liasse relèvent d'une logique comptable détaillée dans notre guide du régime réel et de l'amortissement en LMNP.

Exemple chiffré : 12 000 € de loyers en longue durée

Un logement loué meublé à l'année encaisse 12 000 € de recettes. Au micro-BIC, l'abattement de 50 % ramène la base imposable à 6 000 €. Au régime réel, avec 4 100 € de charges effectives (1 900 € d'intérêts d'emprunt, 900 € de taxe foncière, 800 € de charges de copropriété non récupérables et 500 € d'assurance), le résultat avant amortissement s'établit à 7 900 €. Un amortissement de 5 200 € ramène ce résultat à 2 700 €.

L'écart de base imposable est donc de 3 300 € en faveur du réel sur cet exercice. Il doit être mis en regard des honoraires comptables et de la fiscalité applicable à la revente avant de conclure. Cet exemple est une illustration de méthode : les charges déductibles et les durées d'amortissement dépendent du bien et doivent être justifiées.

Prélèvements sociaux et cotisations sociales

Les revenus de location meublée non professionnelle figurent parmi les revenus du patrimoine soumis aux prélèvements sociaux, qu'ils soient déclarés au micro-BIC ou au réel. Ils sont appliqués automatiquement par l'administration fiscale : il n'y a rien à reporter dans la rubrique « Revenus à imposer aux prélèvements sociaux » de la 2042-C-PRO, sauf si ces revenus ont déjà été soumis à contributions sociales par un organisme social, auquel cas les lignes 5NM à 5PM évitent la double imposition.

Le taux doit être vérifié avant tout calcul : service-public.gouv.fr publie un taux de 17,2 % pour les revenus fonciers, qui concernent la location nue, et un taux de 18,6 % au cas général des revenus du patrimoine (CSG à 10,6 %, CRDS à 0,5 %, prélèvement de solidarité à 7,5 %). La location meublée relevant des BIC et non des revenus fonciers, reportez-vous au taux figurant sur votre avis d'imposition plutôt qu'à une valeur reprise d'un article de presse.

Les prélèvements sociaux ne doivent pas être confondus avec les cotisations sociales. L'Urssaf considère l'activité de loueur comme relevant de la gestion du patrimoine privé tant que les recettes annuelles ne dépassent pas 23 000 €. Au-delà, et notamment pour la location de courte durée à une clientèle de passage, des cotisations sociales sont dues.

Les obligations qui ne passent pas par la déclaration de revenus

Trois obligations subsistent en dehors de la 2042-C-PRO. Le loueur en meublé, professionnel ou non, est redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE) ; son montant et les cas d'exonération dépendent de la situation, en particulier du lieu du bien et de son utilisation personnelle, et se vérifient auprès du SIE dont dépend le logement. Selon les situations, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) peuvent également s'appliquer.

Enfin, le cadre fiscal de la location meublée est en mouvement : le traitement des amortissements à la revente fait l'objet d'un suivi dédié dans notre dossier sur la réforme de la fiscalité LMNP, et les autres régimes d'imposition des revenus locatifs sont rassemblés dans le pilier fiscalité immobilière. Le guide LMNP réunit l'ensemble des dossiers consacrés au statut.

Ce qu'il faut retenir

  • Le numéro SIRET s'obtient au guichet des formalités des entreprises dans les quinze jours suivant le premier jour de location.
  • Toute déclaration LMNP passe par la 2042-C-PRO, quel que soit le régime.
  • Au micro-BIC, on déclare les recettes brutes : l'abattement est appliqué par l'administration.
  • Au réel, la liasse n° 2031 est déposée au SIE avant report du résultat sur la 2042-C-PRO.
  • Le plafond du micro-BIC et le seuil de 23 000 € répondent à deux questions différentes.
  • Les prélèvements sociaux sont appliqués d'office ; les cotisations sociales relèvent d'une logique distincte.

Questions fréquentes

Faut-il un numéro SIRET pour déclarer des revenus LMNP ?

Oui. La déclaration de début d'activité au guichet des formalités des entreprises est obligatoire et conditionne l'inscription au répertoire Sirène. Le numéro SIRET obtenu est reporté sur la déclaration de revenus.

Quelle ligne utiliser pour une location meublée de longue durée ?

Au micro-BIC, les recettes des locations meublées autres que les chambres d'hôtes et les meublés de tourisme se portent aux lignes 5NI, 5OI ou 5PI de la 2042-C-PRO, avec un abattement forfaitaire de 50 %.

Peut-on déclarer ses revenus LMNP sans la 2042-C-PRO ?

Non. La 2042-C-PRO est la déclaration complémentaire dédiée aux revenus professionnels et assimilés. Elle s'ajoute à la déclaration n° 2042, y compris lorsque l'activité se limite à un seul logement meublé.

Que se passe-t-il si les recettes dépassent le plafond du micro-BIC ?

Le régime réel devient applicable. Un dispositif de tolérance existe lors des premières années de dépassement : vérifiez sa portée sur service-public.gouv.fr pour l'année concernée avant de choisir votre régime.

Les prélèvements sociaux sont-ils à saisir manuellement ?

Non. Ils sont calculés et appliqués par l'administration à partir des montants déclarés. Le seul cas de saisie spécifique concerne les revenus déjà soumis à contributions sociales par un organisme social, à porter aux lignes 5NM à 5PM.

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